Consommation

Zéro déchet, possible ou non?


"On produit toujours 500 kilos de déchets par personne par an. C’est le reflet de notre consommation : tout ce qu’on achète est voué à devenir un déchet".


De nombreux blogs, sites et dispositifs sont mis en place par le gouvernement belge entre autre mais également dans la plupart des pays européens.

http://www.famillezerodechet.com/

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Voilà un blog coup de cœur tenu par une famille qui souhaite partager son quotidien "zéro déchet".


Le recyclage permet de valoriser les matières plutôt que de simplement les brûler. Mais il ne diminue pas la quantité de déchets produits. C’est seulement leur gestion qui diffère.

Pour diminuer réellement la quantité de déchets, il faut se rappeler le célèbre adage : « Le meilleur déchet est celui qui n’existe pas ». On cherche alors à limiter les déchets à la source, par exemple en évitant le suremballage, en n’achetant pas de produits vite cassés et irréparables…
C’est une démarche logique, qui est aussi la priorité de tous les textes légaux en matière de gestion des déchets. Or, il faut bien constater que c’est le recyclage que l’on a privilégié jusqu’ici.

Le zéro déchet a comme objectif principal de ne plus produire de déchets résiduels, ou presque.

 

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Voici donc l'interview de Béa Johnson, la porte-parole mondiale du mode de vie "zéro déchet", elle a été réalisé par le journal "Le Soir".

Pour éliminer les déchets de sa vie, par quoi commencer ?

 

Par savoir dire non. Quand on vous tend quelque chose, comme un échantillon de produit, un sac en plastique ou un bic gratuit dans une conférence, demandez-vous si vous en avez besoin. Les accepter équivaut à dire « je veux un avenir rempli de ces déchets ». Après avoir refusé le superflu, vient la seconde étape : il faut réduire le nécessaire…

 

Votre garde-robe tient toute entière dans un bagage à main. Comment faites-vous pour vivre avec si peu ?

Le secret, c’est la multifonctionnalité. Et il s’applique à tout : on n’a pas beaucoup d’objets mais, leur utilité est très pensée. Par exemple, ma centaine de bocaux en verre me sert à prendre la nourriture en vrac au magasin, mais aussi à la transporter et à la conserver. Quand j’ai une soirée à la maison, je m’en sers aussi comme vase pour la déco. J’ai fait de même avec ma garde-robe. Chaque vêtement peut être porté superposé ou non, ce qui augmente le nombre de tenues possibles. Par exemple, ma petite robe noire. Je peux la mettre avec un pull, des collants et des bottes pour aller me balader dans la campagne ou la mettre sans collant avec un blazer et des talons hauts pour aller à un mariage. La même robe me permet de faire ces deux choses. C’est la même chose pour tous les objets qu’on a choisis.

 

Même pour les produits d’hygiène ?

 

Bien sûr. Pour se laver les cheveux, la tête, le corps mais aussi pour se raser, on utilise le même pain de savon d’Alep vendu sans emballage. C’est donc un seul produit au lieu de quatre. Quelle place gagnée dans les placards ! Le zéro déchet simplifie la vie et fait faire des économies.

 

À combien se chiffrent-elles ?

 

Avec la simplicité volontaire, on a fait 40 % d’économie ! En achetant en vrac notre nourriture, nos boissons et tous les produits liquides : on ne gaspille plus. Et puis on économise le coût de l’emballage, lequel représente 15 % du prix d’un produit emballé. Aussi, on achète de qualité et d’occasion et on a remplacé les objets jetables par une alternative réutilisable. Cela s’est traduit par des économies cumulables à long terme.

 

Pour l’entretien, le vinaigre blanc se profile comme le produit miracle…

 

C’est le marketing qui a dit qu’il fallait un produit pour nettoyer le sol, un autre pour les fenêtres, pour l’inox, les wc etc. Avant, sous mon évier, c’était rempli de produits toxiques. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’on peut nettoyer sainement sa maison de fond en comble avec de l’eau et du vinaigre blanc.

 

Vivre en mode zéro déchet, fait-il gagner du temps au quotidien ?

 

Oui car le moins on a, le moins il faut nettoyer, entretenir, réparer, jeter etc. On a donc plus de temps pour s’amuser et passer de bons moments. La simplicité volontaire fait de la place dans votre vie pour ce qui important.

 

Noël approche. Quels cadeaux s’offre-t-on dans une famille « zéro déchet » ?

 

On s’offre des cadeaux d’expérience. Cette année, on passera Noël en Guadeloupe. Ce sera l’occasion d’offrir à mon fils Max son certificat de plongée sous-marine. On fera du canyoning aussi. Pour son anniversaire, je lui ai offert un saut en parachute : sur la vidéo, on le voit sourire sans arrêt pendant 6 minutes. Ça, c’est précieux ! 

 


Je vous propose une seconde interview. Cette fois, il s'agit de Jérémie Pichon, qui avec sa famille a décidé de parler de son mode de vie au journal "La Libre Belgique".

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Comment vous est venue cette idée ?

 

Je travaille dans les ONG environnementales depuis de nombreuses années. Dans tous les milieux que j'ai fréquentés depuis quinze ans, j'ai organisé des ramassages de déchets. J'en ai ramassé des tonnes, aussi bien en montagne que dans l'océan ou dans les rivières. D'une certaine manière, les déchets faisaient partie de ma vie.

 

Je disais à tout le monde que la seule solution, c'est de réduire à la source. Ne pas les acheter, changer nos modes de consommation… Mais en même temps, quand je rentrais chez moi, j'arrivais à mettre du plastique dans ma poubelle, c'était devenu schizophrénique. Je n'en pouvais plus et un jour, en 2014, on a pris notre poubelle avec ma chérie et on l'a vidée dans le jardin. On a regardé ce qu'il y avait dedans pour essayer de comprendre comment cela se faisait. On en jetait à peu près une par semaine. On s'est rendu compte qu'il y avait un maximum de plastiques, on s'est alors lancé le défi d'essayer de ne plus en avoir.

 

On s'est posé des questions pour savoir coment éviter ou remplacer chaque truc. Au bout de la première année, on est passé à une poubelle par mois. La deuxième année à une poubelle en six mois et cette année, ça. 

 

Cela demande des changements radicaux. Qu'est-ce qui est le plus simple et le plus compliqué ?

 

Oui, il faut faire les choses à fond. Mais, en fait, tout est simple : faire ses goûters plutôt que les acheter ; acheter le riz en vrac plutôt qu'en sachet ; acheter des vêtements d'occasion… La seule chose compliquée, c'est de changer ses habitudes. C'est ce qui nous a pris du temps et de l'énergie les deux premières années. Le vrai problème que je rencontre depuis 20 ans dans l'écologie, c'est la résistance au changement. Les gens n'ont pas envie de se remettre en question. On trouve toutes les excuses du monde.

 

Pour le zéro déchet en lui-même, il s'agit juste de prendre du temps pour faire ce changement. Et une fois qu'on a perdu la mauvaise habitude d'acheter ces trucs en plastique, c'est gagné. En psychologie, on dit qu'il faut 21 jours pour changer une habitude. Donc voilà, la période « de sevrage », c'est trois semaines.

 

Cela demande une prise de conscience. Informer, sensibiliser, éduquer, c'est la clef de notre avenir. J'attends dix fois plus des écoles que ce qu'elles font aujourd'hui. On devrait faire des écoles écologiques à 200 % pour préparer les nouvelles générations à prendre directement les bonnes habitudes.

 

Le système de distribution commerciale n'est-il pas un obstacle en soi? On ne trouve pas vraiment des magasins vendant en vrac partout …

 

Si, c'est simple. C'est juste qu'il faut faire la démarche pour trouver ou obtenir ces alternatives. Après, les choses roulent. Une fois que l'on a trouvé le magasin en vrac, le maraîcher, le boucher qui accepte que tu viennes avec tes boîtes, c'est terminé.

 

Il suffit donc de leur demander d'accepter de mettre dans des boîtes ?

 

Oui. Et à chaque fois, ils disent « mais c'est bien ce que vous faites, vous avez raison ». Dans 95 % des cas, les commerçants sont partants. Ils font la tare avec leur balance, ça prend deux secondes. Et ça leur coûte moins cher parce que les emballages leur coûtent de l'argent.

 

Ce qui est important, c'est que cette démarche apporte de nombreux bienfaits. Le zéro déchet, c'est moins et mieux. On gagne en qualité de vie.

 

On se détoxifie en utilisant des produits plus sains. On retrouve des aliments qui ont du goût.

 

On dépense moins. Nous, nous avons économisé 20 % de notre budget la première année car on arrête de consommer pour consommer. On passe aux produits d'occasion, au vrac qui est aussi nettement moins coûteux. En plus, en consommant du local, tu changes l'économie. En achetant chez les petits commerçants du coin, mon argent reste sur le territoire, il ne s'enfuit pas chez les actionnaires.

 

Et puis on gagne du temps. Faire mes courses, c'est devenu hyper rapide. Je passe au marché ou chez le fromager, ils savent exactement ce que je prends et c'est fait en dix minutes. On peut aussi tout concentrer sur un marché le samedi matin.

 

Surtout, ce temps gagné est de qualité. Faire ses courses sur un marché, cela permet de rencontrer les gens, de discuter avec eux, voire s'arrêter pour boire un café ou une bière. C'est un temps qui n'a pas de prix, alors que le temps passé en grande surface, c'est un temps qui est perdu. Tout le monde te dit que les courses, c'est la corvée. Pour moi, c'est un plaisir. Cela crée du lien social.

 

Ce n'est pas trop difficile à vivre pour des enfants ? Il y a beaucoup de tentations…

 

Ben, ils nous ramènent des trucs « Star Wars» et des cartes en plastique qu'ils ont échangés dans la cour de récré, mais ça fait partie de leur vie.

 

Chez nous, on n'a pas de télé, donc on n'est pas exposé à la pub . Un gamin, il subit 5000 pubs par an. Ils sont conditionnés, les adultes aussi. La pub, c'est la première mamelle de la consommation à côté du crédit et de l'obsolescence. La pub crée le besoin. Nous, quand on veut acheter quelque chose, on se demande si on en a besoin.

 

A Noël, on achète des trucs d'occasion. On leur offre des week-ends en cabane, des cours de couture, de surf, une journée « accrobranche » avec leur potes… On a remplacé beaucoup de cadeaux par des trucs comme ça. Un moment à vivre plutôt qu'un objet en plastique "made in China".

 

Offrez du temps : « Je t'offre une journée entière avec moi et on fait ce que tu veux ». Combien d'enfants ne rêvent pas d'avoir ce cadeau-là de leurs parents ?

 

Sur le plan personnel, la schizophrénie est apaisée?

 

Oui, ça fait du bien au moral. Je suis en accord avec mes convictions. Etre en accord avec ses valeurs, ça n'a pas de prix, c'est une forme de liberté.

 

Et tous les gens me le disent. Aujourd'hui on vit dans une société complètement schizophrène. On connaît le constat de notre société qui va mal. Mais on continue dans cette obligation d'aller au travail et de consommer comme ça. Beaucoup de gens me disent que le zéro déchet a changé leur vie.

 

Est-ce qu'il reste une chose dont vous n'arrivez pas à vous débarrasser ?

 

La voiture. On a là une tonne de déchets roulants potentiels, plus tout ce que tu as pu consommer : plaquettes de frein, pneus, huile… C'est le gros souci qui me reste.

 

J'habite à la campagne. Et, en France, à la campagne tu ne peux pas te déplacer sans voiture. On n'a pas développé de transports collectifs qui sont adaptés en taille et en fréquence.

 

Avez-vous le sentiment d'être un extraterrestre ou votre démarche s'inscrit-elle dans une dynamique plus large ?

 

J'ai traversé les époques du développement durable où on avait tous intellectualisé le concept. J'ai commencé comme altermondialiste au début des années 2000. Puis, il y a eu par la suite Al Gore, le Pacte écologique, le Grenelle de l'Environnement… Toutes ces années-là ont permis de sensibiliser et de préparer l'opinion. On pensait que cela allait se faire par le haut, avec des textes de loi, etc., mais on s'est planté. Cela a été très peu appliqué et du coup, on est durement retombé.

 

Depuis deux ou trois ans, je sens un mouvement fort, mais il est différent. Il arrive par la base. On voit que ce sont les citoyens qui sont en train de faire le changement. Ils en ont ras-le-bol de la politique parce qu'ils ont bien compris qu'à chaque fois, ce sont des promesses dans une logique capitaliste et financière.

 

Nous, notre livre s'est très très bien vendu parce que c'est un guide pratique qui explique comment faire. Je reçois tous les jours des demandes pour des conférences. On participe à ce mouvement-là de changement à la base, où chacun veut faire sa part. C'est très diffus, mais partout où je passe, je vois plein de choses qui se mettent en place.

 

Au niveau politique, la seule échelle de décision que je vois fonctionner aujourd'hui, c'est le local. A l'échelle d'une communauté de communes, de groupements de 40 000 à 50 000 habitants, on peut décider de faire de la démocratie locale, de relocaliser et de faire plein de choses comme des coopératives. Je crois beaucoup à ce mouvement-là.

 


"Le mode de vie zéro déchets, c’est être axé sur le verbe être ; et non sur le verbe avoir".  

Jose A. Bernat Bacete

 


J'espère que comme moi, ces témoignages vont ont touchés et que vous en prendrez conscience.

Je vous remercie pour votre lecture attentive,

Prenez soin de vous et profitez de la vie.

Alexia

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30 thoughts on “Zéro déchet, possible ou non?”

  1. Coucou Alexia,
    Alors 0 déchet ça me paraît un peu présomptueux pour moi. Que dirais-tu de moins de déchets, déjà. Tu as raison, l’anticipation, c’est la clef comme dans l’organisation, penser aux cadeaux de Noël. Je suis révoltée pas ces papiers cadeaux qu’on froisse et met à la poubelle. des tonnes de papiers à la poubelle…

    Aimé par 1 personne

  2. Coucou,

    Je ne suis pas Zéro Déchets pour le moment, mais je fais énormément d’efforts pour réduire mes déchets.
    Je donne tout ce que je peux donner aux poules de ma mère, cela évite les déchets inutiles. Je n’ai pas de compost, je suis en appartement, je n’ai pas du tout la place pour. Par contre, je trie tout ce qui est bouteille, même si je sais que le mieux serait de me passer de bouteilles, mais l’eau du robinet est mauvaise. Je vais essayer les billes de céramique. Je fais pleins de petits gestes au quotidien pour diminuer mes déchets.

    Belle journée,

    Laura – Bambins, Beauté et Futilité

    Aimé par 1 personne

  3. C’est une démarche qui m’attire de plus en plus, mais je ne sais pas trop par où commencer. D’ailleurs, je me dis que je ne peux pas tout trouver en vac en allant par exemple au supermarché, et si je veux continuer à manger les mêmes produits. Après j’imagine que c’est tout un processus de réflexion à avoir en amont.
    Par contre, je travaille dans une librairie, et quand je vois le nombre d’emballages cadeaux qu’on fait par an ou au moment des fêtes (et connaissant le prix des rouleaux), c’est vrai que c’est beaucoup de déchets après !

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  4. Coucou !
    Ici on est très loin du zéro déchet
    mais évidemment on tri nos déchets, les piles vont dans les endroits prévus à cet effet dans les magasins
    on consomme directement l’eau du robinet
    Les jouets de mes filles ont beaucoup été acheté d’occasion sur des brocantes ou bourses aux jouets
    Je revends beaucoup sur le boncoin ce dont on ne se sert plu, j’aimerais réduire considérablement ce que nous avons à la maison.
    Sinon je suis également du genre à préféré offrir/recevoir du non matériel : un spectacle, une sortie, de l’argent pour pouvoir nous évader lors de vacances,.. ou tout simplement un bon restaurant.
    J’aimerais beaucoup lire des livres à ce sujet, si un jour mes filles dorment plus, et que j’ai moins de temps à passer sur mon pc 😉
    Bonne soirée

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  5. On commence ici aussi doucement, on achète plus en vracs, et pour les choses de seconde main on le fait depuis longtemps. A la maison on ne mange pas de produits qui viennent des animaux aussi pour des raisons écologiques, alors le sans déchet est notre suite logique !

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  6. Si tout le monde pouvait réduire ses déchets et faire plus attention à la nature !
    Il y a une chose qui me révolte, se sont les déchets aux abords des routes ou dans les forêts ! Pourquoi les gens, malgré toutes les informations données dans les médias, continuent à polluer sans état d’âme la nature. En tout cas très bon article, beaucoup plus de monde devrait être sensibilisé !

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  7. Coucou Alexia !
    Merci pour cet article sur le mouvement « Zéro Déchet ». Il rejoint de nombreux mouvements où la simplicité et le minimalisme sont fortement mis en avant. Un véritable retour aux sources. C’est une vision que je partage même si elle reste difficile à mettre en place totalement dans ma vie pour le moment. Mais avec mon conjoint on y va doucement. Par exemple, l’année prochaine on prévoit de démarrer notre potager dans la maison dans laquelle on vient de s’installer, acheter des poules pour faire nos oeufs. Et faire le marché le samedi matin. Nettoyer sa maison avec de l’eau et du vinaigre, c’est une pratique que j’ai tendance à favoriser. une petite goutte d’huile essentiel et tu parfumes un peu ton espace. Et pour le corps je m’essaye à utiiser le moins de produits chimiques…J’en parlerai dans le cadre d’un billet sur mon blog ! Bises

    Aimé par 1 personne

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